Monnaie Digitale des Banques Centrales (MDBC) | Prudence et réflexion
Le projet est à l’étude depuis quelque temps, et il commence à faire parler de lui. Les institutions financières qui gèrent l’économie mondiale réfléchissent à un nouveau moyen de paiement qui rivaliserait avec la cryptomonnaie et simplifierait les transactions. Quel est-il ? Pourquoi mettre en place cette solution ? Quelles peuvent être les conséquences ? En ce qui concerne la monnaie digitale des banques centrales, prudence et réflexion sont de mise, mais tout porte à croire que le projet sera concrétisé.
Qu’est-ce qu’une monnaie digitale ?
Elle est émise de la même façon que la monnaie fiduciaire (les pièces et les billets.), mais virtuelle. Il ne faut donc pas la confondre avec la monnaie électronique ou même la cryptomonnaie. La première représente votre argent stocké sous forme électronique et nécessite des fonds en contrepartie, la seconde est un actif.
Selon les informations déjà connues, la MDBC prendrait deux formes :
- Une réservée aux transactions entre institutions financières. Cela rendrait les échanges et les paiements moins coûteux et plus rapides puisque tout serait centralisé sur un registre commun à toutes.
- La seconde serait utilisable par tous, particuliers compris, et serait stockée sur un support numérique.
Vous n’aimez pas régler vos achats en espèces ? Vous effectuez de nombreux paiements à l’étranger ? Cette nouvelle monnaie vous permettrait de tout régler facilement et avec des frais réduits.
Pourquoi les banques centrales veulent-elles émettre une monnaie numérique ?
Elles souhaitent conserver leur suprématie sur la politique monétaire mondiale. Or, elles doivent faire face à deux problèmes. Tout d’abord, la popularité de la monnaie fiduciaire se réduit chaque année, et la pandémie de coronavirus n’a fait qu’amplifier le phénomène. La cryptomonnaie devient également une vraie concurrente, d’autant qu’on prévoit un cours beaucoup moins volatil pour celles qui vont bientôt arriver sur les marchés, la Libra de Facebook en tête. Les banques centrales doivent donc trouver une alternative viable et attractive si elles veulent garder le contrôle de l’économie.
Monnaie digitale des banques centrales : prudence et réflexion
Le président de la Bundesbank l’a dit lui-même, il faut rester prudent. Le grand public veut un moyen sûr, peu coûteux et rapide pour faire ses achats dans le monde entier, mais il ne faut pas se précipiter. Les institutions ont donc lancé des études pour réfléchir aux coûts, aux bénéfices et aux conséquences de l’émission d’une monnaie digitale. Les banques commerciales surveillent les débats avec attention, car elles seront directement touchées. Elles devront revoir leur gestion des liquidités, leur processus d’octroi de crédit, etc. Tous les acteurs de l’économie auront à repenser leurs solutions de paiement, et le consommateur apparaît comme le grand gagnant. Ne nous réjouissons toutefois pas trop vite, la question de la protection des données reste très sensible et nous ne savons pas quels comportements les banques commerciales adopteront.
Vaste projet, la monnaie digitale des banques centrales demande prudence et réflexion, mais les choses sont désormais bien engagées. Les hautes instances financières souhaitent garder leur contrôle de l’économie mondiale et, pour se faire, elles doivent innover. Si la promesse d’un moyen de paiement efficace et peu coûteux pour les particuliers et les institutions est très intéressante, nous n’avons pas d’autre choix que d’attendre de voir ce qui sera mis en place.
Comment cela fonctionnera demain ?
La MNBC « de détail »
Cette forme de monnaie numérique, parfois appelée « euro numérique » dans la zone euro, fonctionnerait comme une version numérique des billets. Elle serait destinée au grand public, permettant d’envoyer ou de recevoir des paiements en monnaie centrale de manière rapide, simple et sécurisée. Cette solution préserverait également l’anonymat des transactions. Depuis 2021, une phase d’investigation est en cours pour définir les caractéristiques précises de cet euro numérique, notamment en matière de sécurité et d’accessibilité.
La MNBC « interbancaire »
Destinée aux institutions financières comme les banques centrales et commerciales, cette monnaie numérique faciliterait les règlements de transactions entre ces acteurs. Elle fonctionnerait grâce à la technologie blockchain, permettant ainsi des échanges directs et rapides d’actifs tokenisés. L’Eurosystème teste depuis 2023 différentes solutions pour intégrer cette forme de monnaie numérique aux infrastructures actuelles. L’objectif est d’optimiser les transactions tout en conservant la robustesse de la monnaie centrale.
Article mis à jour le 27/01/2025.