Qu’est ce que la montagne d’or ?
Elle devait être la plus grande mine aurifère de France. Si vous nous lisez régulièrement, vous savez que les ressources naturelles en or sont limitées et que les gisements connus sont, pour la plupart, déjà largement exploités. Certains sont malgré tout encore très discrets, comme celui situé en Guyane, à quelques kilomètres de Saint-Laurent du Maroni. Ses propriétaires ont donc décidé il y a quelques années de mettre en place un très gros projet : la Montagne d’Or. Immédiatement contesté, enterré par le gouvernement français, mais relancé par un tribunal de Cayenne, il pourrait désormais bien voir le jour. L’occasion pour nous de revenir sur le sujet.
Un projet très contesté
La Compagnie Minière Montagne d’Or affirme que la mine aurifère sera responsable et catalyseur de développement, pourtant les associations et les locaux la rejettent depuis le début.
Un modèle minier respectueux de la biodiversité en Guyane ?
C’est en tout cas ainsi qu’il est présenté. Après des études de faisabilité, la compagnie minière a lancé un grand débat public d’un an en 2018. Elle avait prévu le début des travaux en 2019 et le lancement de la production en 2022. Après 11 ans d’exploitation, le site devait être réhabilité avec soin. Pour la CMO, le projet va propulser le développement économique de toute la région : création d’emplois, formations à de nouveaux métiers, impôts, etc. Elle chiffre les intérêts pour le territoire à plusieurs milliards d’euros. Mais ces arguments n’ont pas convaincu.
Une exploitation d’or française incompatible avec la préservation de l’environnement
Durant le débat public, 7 Guyanais sur 10 se sont prononcés contre l’ouverture de la mine. Le Grand Conseil Coutumier s’y est même opposé dès que la compagnie a lancé les études en 2017. Selon la WWF, sa construction détruira des hectares de forêt abritant plus de 2000 espèces animales et végétales. L’association a également demandé une étude qui stipule que les retombées économiques seront beaucoup moins intéressantes que promises pour le territoire, et que des investissements dans l’agriculture, la pêche, le tourisme et le développement durable seraient bien plus rentables.
La France tranche en défaveur du projet
Brune Poirson, François de Rugy et plus récemment Bruno Lemaire l’ont affirmé, le projet ne se fera pas, car il est incompatible avec les exigences françaises en matière de :
-protection de l’environnement ;
-préservation de la biodiversité ;
-lutte contre le changement climatique.
Mais, malheureusement pour les défenseurs de l’environnement, il y a eu une faille.
La Montagne d’Or : jugement favorable à Cayenne
C’est en décembre 2020 que le tribunal administratif de Cayenne à annulé la décision du ministre français. Il juge que le gouvernement n’a pas apporté de preuves suffisantes pour justifier l’arrêt du projet. Et il a raison. Les autorités françaises n’ont pas officiellement rejeté la construction de la mine. Le ministre s’est contenté de laisser courir le délai de la demande de prolongation des concessions déjà exploitées sur le site, ce qui laisse une faille juridique. La France a désormais 6 mois pour légitimer sa décision. En raison de sa nature même, l’exploitation minière est difficilement compatible avec l’environnement et les états ont mis en place des règles pour tenter d’améliorer les choses. Comment construire une gigantesque mine aurifère sur un site sans en détruire l’écosystème? La montagne d’or n’a pas trouvé la réponse… ce qui ne l’empêchera peut-être pas de voir le jour.
Où en est le projet de la Montagne d’Or en 2025 ?
Une décision judiciaire favorable à l’environnement
Après plus de cinq années de bataille juridique, le projet de la Montagne d’Or, situé à l’ouest de la Guyane, semble proche d’un abandon définitif. La cour administrative de Bordeaux a récemment confirmé la non-prolongation des concessions, soulignant les risques graves pour l’environnement liés à ce projet industriel d’envergure. Avec 800 hectares de forêt équatoriale en jeu, cette victoire judiciaire constitue une avancée majeure pour la protection de l’une des régions les plus riches en biodiversité au monde.
Une dernière tentative des porteurs du projet
Malgré cette décision, le consortium russo-canadien Nordgold-Orea Mining, à l’origine de ce projet controversé, pourrait encore déposer un ultime recours devant le Conseil d’État. Toutefois, les ONG engagées contre la Montagne d’Or se montrent confiantes quant à l’abandon définitif du projet, soulignant l’importance de préserver la forêt amazonienne et les peuples autochtones qui y vivent.
Article mis à jour le 27/01/2025.